Le sentiment de solitude
Chaque jour, au moins une fois dans la journée, ce sentiment m'envahit. Pourtant je vis avec l'homme que j'aime. Ma famille, qui vit à plus de 100km de moi, tient à moi et prend de mes nouvelles de manière très régulière. J'ai des amis... Même s'il m'arrive de les sentir absents. Ou est-ce moi qui me suis effacée petit à petit? Une amie est venue étudiée ici cette année, une autre à ses intérêts principaux à moins de 30km, les autres, un ami surtout, gardent leurs intérêts dans ma région originaire. Une amie aussi, dont je me sentais particulièrement proche, malgré des périodes plus difficiles, ne semble plus tellement vouloir garder une place dans ma vie. Elle s'est effacée. Serait-ce passager? ...
Ici, où je passe la majeure partie de ma vie, je croise principalement des étrangers. Des relations, beaucoup de relations, trop de relations qui restent en surface. Mais je ne suis pas encore sûre de vouloir que ça change. Une contradiction m'habite. J'ai ce désir ardent de chaleur humaine mais aussi la crainte de l'envahissement. Je voudrais trouver cette chaleur humaine dans ma vie quotidenne, tout en sachant me faire respecter. Un équilibre que j'ai du mal à trouver.
J'ai aussi découvert ces derniers temps que j'ai tendance à fermer toutes les portes, lorsqu'il s'agit de rencontres masculines. Je suis une femme, et j'ai été une adolescente, bien fournie... Si je ne suis pas un canon féminin, j'ai ce qu'il faut pour qu'un homme ait envie de moi. Quelque chose que j'ai longtemps mis à réaliser, qui m'a joué des tours et a causé des malentendus. Ma question : pour éviter toute ambiguïté, dois-je définitivement renoncer à l'amitié masculine, ou ne serait-ce qu'à la camaraderie? Ma réponse aujourd'hui est assurément non. La camaraderie masculine me manque. D'autant que depuis toute petite j'ai eu la chance d'y goûter. C'est quelque chose de simple, quelque chose de léger, qui donne son charme à la vie et aux relations. Ma difficulté aurait-elle été ma faiblesse de caractère? Cette camaraderie est parfois tombée dans l'ambiguïté. Et pas seulement de la part de mon camarade.
C'est le genre d'expérience qui ne pose pas réellement problème lorsqu'on est célibataire. Il est possible de suivre son instinct sans causer de torts à qui que ce soit. Aujourd'hui, les choses sont différentes pour moi. Il y a quelqu'un à qui je dois, et à qui je veux penser.
Je viens de recevoir ceci dans ma boîte e-mail : "La fidélité, c'est quand l'amour est plus fort que l'instinct." (Paul Carvel) ...