Mise au point

Publié le par Aladine

Il me manque. Sa famille existe pour lui. Je dois pouvoir l'entendre, pour l'entendre lui. Mais parfois je me sens dérangée par l'idée qui surgit à mon esprit : tout ces gens qui n'appréciaient pas tellement C., ou ne cherchaient pas vraiment à la connaître (?), alors qu'elle était avec A. Et aujourd'hui... Aujourd'hui, ils sont tous autour d'elle... La plaignant de vivre ce qu'elle traverse... Lui faisant enfin la place qu'elle aurait du avoir en étant avec A., voire plus encore... Et là, mon égo me susurre à l'oreille : et toi? Quelle sera ta place alors? Parmi tous ces gens qui caressent C. de leurs plus affectueuses attentions, qui la blâme, la voit comme une victime et sont sans doute aussi les plus mauvaises langues à mon sujet (?). Enfin, ce qu'ils croient être "mon sujet". Aucun ne me connaît. Ils ne veulent pas me connaître. Je scelle la rupture entre C. et A. Et, évidemment, on se demande si je n'en suis pas la cause... De toute façon, je dois être une personne de moeurs douteuses pour avoir "convoité" l'homme d'une autre. Aurais-je eu tort? ... Oui, si je l'avais effectivement "convoité".

 

Ai-je perdu mon temps avec J. ? Le lien se dissout apparemment si facilement... Ça me rend triste. Est-ce si difficile d'assumer chacun nos responsabilités et notre part de fautes commises? Comment puis-je assumer les miennes? Que faire qui aille dans ce sens?

 

Je regrette la peine causée à C. et aux enfants. Les perturbations que tout cela causent. Les difficultés financières qu'ils traversent. Mais tout cela est-ce bien ma faute? Ma seule "erreur", je crois, a été de tomber amoureuse... et de l'avoir exprimé à la personne intéressée. Je n'ai joué aucun jeu, tendu aucun filet. J'ai été sincère. Aurais-je eu tort? Je n'osais plus le regarder dans les yeux, j'avais peur qu'il le devine. Et je ne voulais pas perdre un ami qui m'était devenu si précieux. Alors, une fois rendue à l'évidence, j'ai décidé de lui faire part de mes sentiments. Je ne savais pas... Je m'étais d'avantage préparé à l'éventualité d'être rejetée. Je ne doutais pas du fait qu'il m'aimait "bien"... Mais du reste, je n'en savais rien.

 

Chaque fois que je croise le regard de quelqu'un à la bibliothèque, qu'il soit membre du personnel, ou parfois ne serait-ce qu'étudiant et un peu au courant... Je le vis comme un rappel de "tu es celle qui a jeté le trouble dans une famille unie" ou "c'est toi qui sors avec un gars père de famille et qui a commencé a flirté avec lui alors qu'il n'était pas encore séparé de sa copine...". Oui. C'est moi. Pour la deuxième affirmation, je réponds "coupable". Pour la première, non. Avoir honte de nos débuts... Parce que lui était encore avec C. Il me dit aujourd'hui qu'il aurait du la quitter depuis longtemps... Mais je me souviens que durant les vacances d'été il se posait la question de savoir si on pouvait aimer deux personnes à la fois... Je me la suis posée aussi, avec J. Deux fois. Mais à la question de savoir lequel était "le mieux" pour moi, je le savais (c'est-à-dire celui ayant des qualités pour moi essentielles...). A la question de savoir avec qui j'étais prête à m'investir, je le savais aussi, sans hésitation. A la question de savoir à qui, spontanément, je désirais me donner, il n'y avait aucun doute non plus.

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