Réflexion approfondie
Quelles sont les pensées qui traversent mon esprit lorsque je pleure ? Lorsque je sens que je sombre dans la déprime ? Lorsque mon esprit se met en retrait et n’a plus envie d’entrer en communication avec les autres ?
Que je ne suis pas aussi bien qu’il le croit. J’adore l’image qu’il me renvoie de moi mais je ne suis pas sûre de réussir à y être fidèle toujours. En réalité, il s’agit de la représentation que je me fais de l’image qu’il a de moi… Ce qui signifie qu’il y a sûrement quelques nuances entre ce que j’en perçois et ce que lui réellement voit de moi.
Je me dis que je ne suis pas parfaite, que j’ai plein de défauts. Physiques en premier lieu. Qu’il y aura toujours plein de filles plus jolies que moi. J’ai mal lorsque je le vois déconcerté par le charme d’une autre fille. Je me sens jalouse et en danger. Pourtant je sais qu’il tente de rester discret pour ne pas me froisser. J’apprécie. Malgré tout, je le remarque. Je pense qu’une partie de mon problème se situe dans le fait qu’en ce moment je me dévalorise. Parce que je tarde à réussir mes études, qu’aujourd’hui je commence même à douter de ma capacité à y arriver. Que je ne suis même pas sûre que ce soit ce que je veuille. Que je n’ai pas réussi à garder J. Que j’ai fait des erreurs avec lui que je voudrais ne pas commettre à nouveau avec A. Que A. est tellement pour moi que j’ai peur de le décevoir, ou qu’il doute de sa capacité à me rendre heureux et qu’il me quitte. Que ce que je vis avec lui est tellement beau que j’ai peur que ça cesse.
Des situations me renvoient à ce que j’ai vécu avec J. Et il me faut me raisonner, me dire qu’il n’est pas J. Je peux lui faire confiance. Je ne doute pas de ses sentiments, jamais. J’ai peur du rejet de sa part. Je lui fais d’instinct confiance, lorsque je ne laisse pas mes peurs m’envahirent. J’ai peur qu’il me déçoive. J’ai peur de la trahison. Pourtant je n’y crois pas une seconde. Je l’aime… Et cette histoire représente tellement à mes yeux.
Ne serait-ce pas que j’ai du mal à accepter que lui m’aime moi… ? Je suis pourtant digne d’être aimée. Je suis aimable. Pourquoi une partie de moi semble-t-elle en douter ? Moi qui pensais avoir pris confiance en moi, en réalité, tout ce temps je faisais seulement « comme si »… Je renvoyais aux autres une image de femme confiante, mais au fond ce n’était pas réellement le cas. Si ? Ou pas encore... C’est sans doute la raison pour laquelle je suis restée avec J. Parce que je manquais de sécurité intérieure. En sa présence, dès les débuts, je me sentais rassurée par sa présence. Et j’en avais besoin.
J’ai du mal à accepter, en ce moment, les compliments qu’on me fait. Parce que je me compare sans cesse aux autres filles dont beaucoup que je considère comme plus jolies. Même si je reçois ses compliments avec reconnaissance, je ne perçois pas les choses de la même manière. C’est triste. Il ne s’agit pas d’un concours, on peut m’apprécier pour ce que je suis et ce que j’apporte, tout en appréciant aussi d’autres filles pour d’autres choses. Z. aime passer son temps à comparer les filles. Je n’apprécie pas qu’il le fasse, que ce soit pour me valoriser ou l’inverse. Je ne dois pas oublier qu’il est le premier à manquer de confiance en lui. Je devrais lui demander s’il apprécierait qu’on le place sur une échelle d’évaluation. C’est sans doute parce que lui se compare sans cesse qu’il manque de confiance en lui.
Comme si j’avais besoin qu’on me rassure sur ma « beauté ». Et c’est ce que A. et Z. font sans cesse, même C.
Je me rends compte à quel point, en ce moment, je doute de moi. Comment ça se fait ? Je doute autant de mon intelligence que de mes atouts physiques. C’est nul. Je doute de mon intelligence uniquement en rapport avec mes études. De mes atouts physiques en comparaison à d’autres filles. Pourquoi devrais-je avoir besoin d’être « the best one » ? Pourquoi ai-je autant de mal de supporter que A. admire une autre fille ?
Quand je me réfère à ce que j’ai connu avec mes parents… Je me rappelle que durant mon adolescence, étant un peu enrobée, je ne me sentais pas aimée telle que j’étais par mon père, mon frère et mes grands-parents, qui ne manquaient pas de me faire remarquer mes "kilos en trop". Et ma mère qui ne me défendait pas vraiment, qui ne prenait pas position contre eux. Elle était effacée. Je me suis souvent sentie rejetée, moi et mes caractéristiques « hors-normes » : tâches de rousseur, enrobée… Mon frère m’a souvent fait remarquer mes défauts (et parfois, il le fait encore...). Mon père m’a souvent comparé à ma mère, créant ainsi une espèce de malaise par l’amalgame. Mes grands-parents, surtout mon grand-père, de me dire que je devais maigrir… Rien qu’en y repensant, je me sens révoltée. Je suis encore en colère contre eux. J’avais besoin qu’il m’accueille dans ce que j’étais, qu’ils m’aiment de manière inconditionnelle, même ronde, même bourrée de défauts, qu’ils me trouvent « belle »... Voilà. Ils ont failli à ce devoir. Et j’ai cru être bourrée de trop de défauts pour susciter l’amour authentique et sincère d’une personne. Et aujourd’hui, je l’ai rencontré lui. Il aime qui je suis. Et comme si je n’arrivais pas à l’accepter, je me trouve un tas de raisons pour lesquelles il pourrait changer d’avis !
Même encore maintenant, alors que j’ai perdu des kilos depuis, si on me dit que je suis « grosse », j’aurais tendance à me dire « tiens, peut-être effectivement… ».
Et si en étant moi-même, tout simplement, il s'avèrerait qu'il m'aime... toujours. Après tout, c'est comme ça qu'il est tombé amoureux de moi... Alors pourquoi me mettre cette pression ?!
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