Archive : 02/09/09
Je pense toujours aimer J. En tout cas, j’aimais ce qu’on était ensemble. Et je l’aimais lui. C’est étrange comme ma vision des choses diffère avec le temps. Je ne retiens plus que le meilleur et oublie le mauvais. Oui, on faisait bien l’amour, on rigolait bien, on respectait nos différences, on composait même avec, on aimait discuter… Je commence à oublier certaines choses. Il préparait de bons petits plats, j’aimais lui faire des fellations. J’adorais. Et le voir réagir… Mais on ne faisait rien ensemble, ou pas grand chose, en extérieur. Il n’avait pas mon esprit d’aventure et de soif de découvertes. Notre intimité, les moments où on parlait de soi étaient rares, trop rares. Surtout venant de lui. Il manquait d’honnêteté. Je n’aurais pas pu continuer. Mais c’est si difficile de dire adieu à toutes les bonnes choses que j’ai partagées avec lui. Même si le côté positif c’est que je dis aussi adieu à toutes ces mauvaises choses que ma mémoire à tendance à oublier.
Oui, je pense qu’il aurait été capable de s’améliorer en beaucoup de choses pour moi. Mais au niveau de l’honnêteté, j’ai un immense doute. J’ai confiance en ce qu’il est, par rapport à son avenir (avec ou sans moi). Mais je n’ai pas confiance en sa capacité de me rendre heureuse, par ce qu’il est. Je suis une aventurière dans l’âme. Lui aussi, mais d’une manière qui me semble malsaine. Et aujourd’hui, j’ai trouvé celui avec qui voyager. Si pas physiquement (d’endroit à endroit), du moins en pensées… à travers les mots, et parfois ne serait-ce qu’à travers le regard. Et aussi physiquement… J’adore faire l’amour avec lui. Il y a une telle intensité. Rien n’est laissé au hasard.
Avec A.… La seule chose qui me semble pénible, c’est la retenue.
A défaut de pouvoir me parler de ce qui le tracassait, J., dans un premier temps, était froid et distant. Par après, il a toujours fait celui pour qui tout allait bien, même quand ce n’était pas le cas.
Avec A., on doit mimer que nous ne sommes « que » des amis. Parfois, ça me pèse. Et qu’il ait à tenir ce rôle devant les autres, à jouer celui qu’il a toujours été (ou est-ce naturel pour lui, malgré ma présence ?), ça me fait mal parfois. Cette sensation qu’on se comporte avec moi comme avec une amie alors que je suis plus que ça…, j’ai déjà connu. Je parle de ces réflexions qu’un gars peut faire à propos d’autres filles. Devrais-je lui dire ? Que puis-je y faire ? Je sais que c’est normal. Moi aussi. Mais de là à l’entendre… C’est le manque de reconnaissance, par rapport aux autres, qui me blesse ici. Pourtant, je ne l’exige pas. Mais est-ce épanouissant comme rapport ? Caché…
Combien de temps le supporterais-je ? Et lui ?
Il faut que je lui parle. Que pense-t-il de tout ce qui s’est passé ces derniers mois ? Et par rapport à mon e-mail, où je lui disais que je prendrais mes distances pour que lui se retrouve? …
Une partie de moi le rejette, rejette ce que je vis avec lui. Je pense que c’est la partie de moi qui souffre et que je voudrais oublier.
Je ne sais pas pourquoi, mais ces derniers jours je n’aime pas le regard que j’ai sur moi-même. J’ai besoin de plaire, de nouveau. De sentir que je plais. Même si lui me trouve belle, même s’il me le dit, j’aurais tendance à vouloir me dévaloriser. Pourquoi ?
Celui qui m’a donné l’impulsion d’améliorer ma présentation (au niveau vestimentaire, etc.), de prendre soin de mon corps en faisant du sport, celui par qui, malgré lui, j’ai pris confiance en moi, celui-là n’est plus mon compagnon. Que puis-je faire pour me sentir à nouveau mieux dans ce corps qui est le mien ? Prendre rendez-vous chez l’esthéticienne, m’acheter des vêtements… Serait-ce une déprime post-examens ? Post-rupture ?
Aussi, je m’habitue à ne pas pouvoir l’appeler alors que j’en ressens l’envie, voir parfois le besoin (A.). Ce qui était agréable, c’est que je pouvais compter sur J., lorsque je n’allais pas bien. Il m’écoutait. Il était vraiment là pour moi. Je sais qu’il m’aimait. Je l’aimais aussi. C’est ça qui est difficile. Q. (ex), à sa manière, m’aimait aussi. Mais j’ai été obligée d’admettre que moi je ne l’aimais pas. Raison pour laquelle je ne peux plus lui en vouloir d’avoir pourri mon quotidien avec sa jalousie. Je n’aimais ni qui il était, ni ce qu’on était ensemble. Même avec le temps je n’ai gardé que le mauvais… sans doute parce qu’il n’y avait que ça. Je n’étais pas épanouie. Mais ce n’était en aucun cas sa faute, même s’il faut admettre qu’il ne m’a certainement pas aidée. Il n’aurait pas pu. Il était dans un état mental bien pire que le mien. J., lui, m’a vraiment prêté attention. Et je pense avoir fait de même avec lui. Malgré les dérapages, malgré de gros défauts, il avait de grandes qualités. Que je n’oublierai jamais.
Et me dire qu’il ne sera plus là… C’est dur.