Comme tout le monde...
Je me sens seule, parce que je le veux, parce que je ne comprends pas ce monde qui m'entoure...
Parce que je ne me comprends pas moi-même.
Parce que j'ai mal.
Mettons-nous les mêmes mots pour exprimer les mêmes idées, les mêmes sentiments? La réponse est inévitablement non.
Il y a lui, J., il se comporte avec moi en étant (apparemment) fidèle à ses sentiments... Il m'aime toujours et espère que je revienne, il m'appelle "sa bien aimée". J'ai mal de douter à ce point de la véracité de ce qu'il me dit, et je me demande jusqu'à quel point je dois ne pas le croire. J'ai mal. Oui, le voir ne me laisse pas indifférente. Et ce qui me fait sans doute encore plus mal, c'est d'imaginer que j'ai de l'avance dans toutes ces étapes et que A. va sans doute ressentir à un moment ou à un autre tout ce que je ressens aujourd'hui, il va traverser les mêmes confusions... Il est persuadé aujourd'hui de ne plus l'aimer. Mais un jour il se redemandera ce qu'est l'amour au fond, et s'il ne s'est pas trompé... Je l'ai déjà senti hier... Il a tenté de me le dissimuler (merci...). Mais je l'ai senti. Nous sommes amoureux, mais notre relation est trop "jeune" pour pouvoir la comparer aux relations que nous avons tout deux quitté. Un jour, si ce n'est aujourd'hui, il se demandera si ce n'est pas lui le problème... Si ce n'est pas lui qui est incapable d'aimer, et il verra ses propres erreurs avant de voir les siennes. Il se dira qu'elle a vraiment beaucoup de qualités, qu'il n'arrivait pas à l'apprécier à sa juste valeur avant... Qu'elle a ses incohérences, ses "handicaps", comme tout le monde... Qu'il recherche l'être parfait mais qu'il n'y en a pas... Que c'est malgré tout avec elle et personne d'autre qu'il a voulu et qu'il a eu ses enfants, et que c'est sans doute très révélateur. Il va la voir changer... Et il aura envie de revenir. Le fera-t-il?
- J'espère que je me trompe. Je ne dois pas oublier que parfois je sais être "parano" ^^. Ce sont mes peurs et mes confusions qui s'expriment ici... Je superpose ce que je ne comprends pas de ce que je vis à ce que j'ai peur que lui vive dans le futur et qui pourrait me causer du tort... (rajouté le 10/11/09) -
J'ai envie de m'éloigner... De partir loin. J'ai mal. Aujourd'hui, je ne me sens pas à ma place dans ce monde. Je me sens différente, incomprise... Je me sens seule. J'ai envie de pleurer.
Tout le monde répète sans cesse les mêmes erreurs, et moi aussi. Tout le monde se répète, et ça m'ennuie. Et je ne comprends pas ce que je ressens.
Est-ce parce que J. me rappelle l'Orient qu'il me manque, ou est-ce l'Orient qui me manque parce que J. me manque? Et si indépendamment l'un de l'autre les deux me manquaient? Et si c'était encore autre chose que je ne comprends pas aujourd'hui ?
- Et si c'était l'Orient, ainsi que l'expérience que j'en ai faite à travers J., qui me manque? La preuve : je recherche le contact avec cette culture et ses gens, car j'en suis amoureuse... La musique, la danse, la poésie, les chants, la langue, la cuisine : toute cette richesse qui leur est propre... J'ai adoré ce bref instant où une des masseuses du hammam a chantonné pendant que l'on se faisait masser... J'aime parlé avec des marocaines riches de leurs origines et en mêmes temps qui ne sont pas réticentes à la différence, à la "culture" occidentale, des gens qui savent entendre la différence sans se sentir agressé dans leur propre identité... Cet accent propre aux marocains de souche et ce soleil dans leurs yeux... C'est ce contact avec le maghreb qui me manque... Il faut dire qu'en quittant J., j'ai aussi du renoncer à ce lien que j'avais eu, grâce à son biais, avec la culture marocaine. J'y ai été habituée pendant plus de trois ans... Et le Maghreb, avant mon expérience avec lui déjà, depuis la Tunisie, m'attirait... A chaque fois qu'il m'a été donné d'en découvrir d'avantage sur ce coin du continent africain, j'ai découvert des choses qui ont suscité mon admiration... Il y a, bien sûr, des choses que j'aime beaucoup moins : je sais que je ne saurais pas y vivre, par exemple, que la répression d'expression et le manque de liberté d'action, encore plus pour les femmes, me sont insupportables. Ainsi que leur attitude envers les animaux et la violence qui, cette dernière, me semble bien plus facilement admise. (rajouté le 10/11/09) -
Quand on prétend aimer quelqu'un, qu'aime-t-on au fond? ...
La vie a quelque chose de tragique... Voilà ce que je me répète depuis hier.
Je sais que chez A., j'aime l'adulte. Chez J., l'adulte n'est pas encore tout à fait... Il est avant tout un enfant blessé. Et c'est cet enfant que j'ai appris à aimer et que je n'arrive pas à réellement laissé. J'ai le sentiment que dans la vie de tous les jours, si je ne préparais pas à manger, et si, bien sûr, au lit il en était autrement, via l'affection et l'amour inconditionnel que je lui portais, j'ai un peu été une mère de substitution... Celle qu'il n'avait pas en arrivant ici... Mais ça n'a pas été comme ça dès le début. J'ai le sentiment que ça l'a été à partir du moment où il a compris que je souffrais du manque de marque d'affection de sa part, du manque de tendresse... Et c'est ainsi que la seule manière qu'il connaissait de donner et de recevoir de l'affection a refait surface : l'affection qui existe entre un enfant et sa mère. Ca a rarement été l'adulte que j'avais dans mes bras... Bien ou pas, je ne sais pas. J'en ai eu marre. Je ne me sentais pas bien... Je ne me sentais pas bien dans son regard. Je me sens bien dans le regard de A. ...